Intention

« (…) La politique est nécessairement intersubjective, elle prend naissance dans l’espace-qui-est-entre-les-hommes, alors la politique se constitue comme relation… Et c’est cet espace qui existe entre les hommes qu’il faut sauver », Hannah ARENDT, Qu’est-ce que la politique ?, 1954

Trouver une manière d’expérimenter le rapport entre esthétique, poétique et politique et de questionner la qualité de cette relation-qui-existe-entre-les-hommes. C’est tenter de dessiner cet espace « libre », intermédiaire et intersubjectif, à la fois lien et écart, friction, confrontation et coopération. Composer avec précision et prendre soin d’un monde commun où subsiste la pluralité des regards, où et se meut la diversité des identités. Exister au milieu de ses semblables, comprendre la puissance de l’altérité, donner une forme d’art à l’espace de représentation de l’existence de soi avec les autres. Chacun étant relié aux autres, sans distinction et franche identification. Il s’agit de ne distinguer personne en particulier mais de mettre en avant chacun, dans sa propre singularité quelconque. Osons la fraternité, un nouvel objectif pour renverser le monde et restituer l’humain au cœur de la recherche artistique.

Descriptif

« C’est la figure de ce peuple du « Tout-Monde » qui nous manque que nous recherchons ».
Réalisation plastique de portraits poétiques et sensibles de la communauté créative que représente nos Actions collectives. Le dessin devient quête, processus d’exploration, parcours sur une page à explorer. Chaque portrait se relie à l’autre par des motifs graphiques.. Une attention au visage de chacun se lit et se transforme en paysage, d’autres mondes organiques, étranges, magiques surgissent : hybridations, superpositions, processus de transformation impulsent la réalisation d’un « Tout-Monde », qui s’attachent à l’interpénétration des visages, des cultures et des imaginaires. Le grand dessin se veut forme rhizome, qui connecte un point quelconque avec un autre point quelconque, où chacun de ses traits ne renvoie pas nécessairement à des traits de même nature, mettant en jeu des signes très différents, et pourrait s’étendre encore. C’est le dess(e)in de la nécessaire diversité, de l’acceptation de l’autre juste à côté, et de la multitude des mondes qui s’expérimente ici pour faire « mondialité où tout change en s’échangeant », dans une co-présence permanente, inventive et féconde.

« …Avec un visage qui s’éteint, avec une langue qui meurt, s’en va une part des imaginaires du monde……La base du vivant c’est la différence. Le différent est la base de la relation. C’est une conjonction des différences qui fondent les valeurs de l’humanité, qui porte les peuples et les pays à une mondialité partagée et une solidarité nécessaire pour leur survie », Édouard Glissant, Poétique de la Relation (Poétique III), Paris, Gallimard, 1990

Création partagée : le hors-temps du travail utile

Une séance photo-portrait a été réalisée avec chaque personne : chacun (e) a décidé du regard qu’il voulait adresser à la communauté. Une mise en écho artistique des portraits a été mise-en-oeuvre à partir d’un travail de broderie autour de chaque visage.

Œuvres réalisées

> « Tout un monde  »_Dessin installé + Portraits brodés + Poupées singulières_ (La Luna + Les Actions Collectives)
> « Tout un monde : grandir »_ Poupées géantes_Matériaux mixtes_ (La Luna + École maternelle Jean Zay)

TOUT UN MONDE

Dessin installé au fusain réalisé par le collectif La Luna.
Portraits brodés réalisés par les participants aux Actions Collectives

Ce grand dessin tracé au fusain sur papier libre racontent librement une manière de faire monde avec chacun. Le papier devient surface, support, territoire pour des expériences d’inscription. Visages et superposition de traits de matières colorées, fusain noir et laines colorées, suggèrent un monde en mouvement… Différentes couches de paysages se composent et se recomposent, des espaces intermédiaires se tendent entre les univers… Les motifs, des lignes végétales aux traits des visages, se croisent et s’entrecroisent, créant l’espace du « Tout-Monde ».

TOUT UN MONDE : grandir

Poupées géantes réalisées par les enfants de l’Ecole maternelle Jean Zay (Bellevue – Nantes)

Dans le la cadre du projet « Grandir » proposé par le Centre de Ressources de la Ville de Nantes. Les enfants participent à des classes Lecture-Ecriture pour approfondir et imaginer ensemble leur désir de grandir dans un monde nouveau. Atelier sensibilisation à la lecture, ateliers d’écritures et d’arts plastiques.

Restitutions publiques et expositions

> Mai-juin 2018 / installation, Expo Nomades sous la lune (25 ans de travail artistique de La Luna), L’Atelier, Nantes

> Diaporama photo + légendes

Partenaires opérationnels

Projet réalisé dans le cadre d’une convention pluriannuelle entre la ville de Nantes (Service culturel + Service des solidarités) et La Luna.